22/03/2018

Les ECHOS # 091

Les ECHOS de DAZ # 081

 

Las bêtise est une maladie qui ne pardonne pas! (Paul Léautaud)

 

C'est l'histoire d'un mec qui avait réussi son permis de conduire des voitures en 1960. Oui, ça fait un bout de temps. Il l'avait fait d'ailleurs le jour de ses 18 ans, car à l'époque, il suffisait d'une heure d'auto école officielle. Puis il roula environ 2 millions de kilomètres avec des voitures différentes allant de la Fiat 600, à la 1'100 puis la 124, deux Fiat 131, toujours et ensuite Toyota Corolla, Citroen CX sur 2 modèles et enfin il devint fan de Hyundaï sur au moins 5 modèles différents.

 

Il avait donc une certaine expérience même s'il avait eu parfois quelques petits ennuis avec la Police pour des stationnements illicites ou des vitesses légèrement dépassées. Puis il prit de l'âge comme tout le monde, hélas pour arriver à l'approche de ses 70 balais. Il reçut donc une première convocation du Bureau des autos comme on disait communément à l'époque pour effectuer un contrôle médical prouvant sa capacité de conduire encore un véhicule malgré son grand âge. Le gars était suivi par 4 toubibs pour différents petits bobos et voyait régulièrement une doctoresse généraliste, une ophtalmologiste, un pneumologue et un oto-rhino-laryngologiste, mais aucun de ces quatre ne figurait sur la liste officielle des médecins conseil du Service des automobiles. Il choisit donc un toubib conseil de la liste qui habitait non loin de son domicile, et surtout ne le connaissait pas. L'examen fut réussi bien que la vision n'était plus parfaite, la DMLA (déficience maculaire liée à l'âge) ayant frappé à sa porte.

 

Et le cirque recommença pour ses 72 ans, car à l'époque, les examens devaient commencer dès la septantième année et être réitérés tous les deux ans. Le médecin était toujours le même, encaissait à chaque coup cent trente balles non remboursables par les caisses-maladies, fussent-elle obligatoire ou complémentaire. Le bobo DMLA était toujours présent, la lecture du tableau d'examen ardue, mais le certificat de capacité de conduire était signé, c'était l'essentiel. Le personnage se rendait bien évidemment compte de ses faiblesses visuelles et ne circulait plus que rarement, sauf pour faire des commissions lourdes ou quelques petits déplacements dans la banlieue genevoise.

 

Rebelote à 74 ans, même topo, la DMLA était rappelée au docteur qui rendait simplement attentif le gars de faire bien attention et de ne pas aller trop loin en bagnole ou en scooter ou encore en vélo électrique, en encaissant à chaque coup 130 balles.

 

Puis la loi changea et les examens se font dorénavant dès l'âge de 75 ans, mais les contrôles sont devenus plus sévères, le but d'une certaine commission fédérale étant de faire disparaître des volants et ds guidons tous les vieux de plus de 75 ans. Selon ladite commission, il vaut mieux avoir des jeunes qui roulent comme des dingues, par exemple à la rue de Lyon, que des vieux qui sont prudents et roulent lentement...

 

Notre mec arriva donc à l'âge de 76 ans, parce que les anciens étaient toujours au bénéfice du précédent système et s'en alla, pour la quatrième fois de sa carrière chez le médecin conseil sis près de chez lui. Le couperet tomba instantanément, sans autre forme de procès. Plus de permis! Sur le fond, il n'y avait rien à redire, la vision était devenue insuffisante. La méthode pour le dire avait été mauvaise: - vous ne voyez plus assez, je ne vous signe pas le certificat, mais vous devez quand même payer les CHF 130.00. Inutile de dire qu'après 3 minutes de consultation et le diagnostic négatif, notre compagnon ne paya pas les émoluments.

 

Tout ceci se passa mi-janvier 2018, et fin janvier, le Service des automobiles envoya une missive dès plus sévères et inamicales au gars qui se devait de renvoyer son permis de conduire à l'Autorité officielle d'ici à la veille minuit du jour de son anniversaire qui avait lieu mi février. Le mec put donc encore rouler pendant une quinzaine de jours sans autre forme de procès. L'adage: tu ne vois plus assez et tu ne roules plus n'avait pas été mis en pratique séance tenante comme cela aurait du l'être, mais l'Office cantonal des automobiles et de la navigation, comme ça s'appelle encore laissa tout bonnement un mal voyant conduire encore pendant 2 semaines, environ.

 

Et cette histoire est vraie, je connais bien le mec.

 

Alias Daniel Zurcher

22 mars 2018

 

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