22/08/2018

No 234

Les ECHOS de DAZ # 234

 

La rue de Coutance

 

Trop souvent pour n'être pas à rien faire, on s'amuse à faire des riens! (Goswin de Stassart)

 

Toujours en avance, il m'a fallu patienter, hier, quelques quarts d'heure avant une conférence. J'ai choisi la rue de Coutance. Comme certainement très peu de gens le savent, ce nom provient de la Ville de Constance qui tint un concile de 4 an dès 1414 ayant trait au schisme de la chrétienté et dirigé par le cardinal de Brogny, doyen du Sacré-Collège qui choisit ce nom lors de la construction de la rue.

 

Qui a-t-il à observer dans cette grande rue en pente! Tout d'abord, il y a un nombre considérable de bus, de trolleybus et de trams qui y passent, accompagnés parfois de taxis ou de voitures de police marquées ou banalisées qui transportent visiblement en douce des édiles pressés.

 

Puis, on assiste à un défilé montant de banquiers ou pour certains d'employés de banques, parce que pas bien loin, il y en a des banques dans ce coin, en costume noir, chemise blanche et cravate qui se dirigent hâtivement vers la gare de Cornavin pour prendre un train et rejoindre le Canton de Vaud, où ils demeurent généralement. Certains ont un sac à dos et il n'y a rien de plus moche qu'un mec sapé nickel dans un costard-cravate avec un sac touriste dans le dos. On assiste également à un défilé de chalands ou de touristes dont beaucoup de femmes, souvent jolies, et dont les shorts sont très souvent très courts, mais alors très très courts. Comme le précisait à ce sujet de la longueur des shorts des dames un ami, hélas décédé: - ou elles ont une ceinture trop large ou alors elles ont grandi trop vite!

 

Parfois descendent à vive allure des quidams sur des planches à roulettes. Les trottoirs étant formés de plaques mal ajustées, il s'ensuit un boucan du tonnerre et le freinage en bas de la rue 'est pas toujours catholique comme le fondateur de la rue Coutance, pour autant qu'un freinage puisse être catholique...

 

A la montée, il y a passablement de cyclistes dont certains ont des véhicules électriques qui filent à très vive allure et qui doivent être rapidement chez eux pour autant qu'ils n'habitent pas la banlieue lausannoise.

 

Fait marquant aussi, les trois quarts des piétons qui montent la rue Coutance, jamais à la descente, du moins à l'heure à laquelle je me trouvais dans ce quartier (17h00/18h00) utilisent leur portable en marchant. Certes, on n'entend pas les conversations, mais quelques bribes m'ont permis d'affirmer que le piéton disait qu'il était sur le chemin du retour et qu'il était temps pour son épouse de renvoyer l'amant...

 

La rue de Coutance, c'est un monde à part, ça défile, ça trafique, ça grouille, ça va et vient, ça vit quoi! Et si vous avez par hasard trois quarts d'heure à perdre, même si le hasard n'existe pas, asseyez-vous sur la terrasse du bistrot qui porte le nom de ce qui s'est passé en 1602 et observez. Vous en aurez pour votre argent, à coup sûr!

 

Parfois, ne rien faire est plus enrichissant que faire de l'inutile.

 

DAZ alias Daniel Zurcher

22 août 2018

 

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