26/08/2018

No 238

Les ECHOS de DAZ # 238

Tout est dans la rue:

 

Il n'est pas, pour l'observateur, d'actions dans la vie qui ne puissent offrir quelque chose digne d'être remarqué. (Pierre-Jules Stahl)


En balade pédestre dans mon quartier, j'entrevois, malgré une acuité visuelle déficiente, une voiture dont la conductrice essaie de la stationner latéralement en montant la rue de Moillebeau ou serait-ce déjà l'avenue Moïse-Duboule, peu importe. Certes un stationnement latéral en montée n'est pas toujours facile, mais il n'en demeure pas moins vrai qu'en 3 tentatives et 6 manœuvres, on devrait y arriver. C'est du moins ce qui était demandé lors des examens pour le permis de conduire, il y a 59 ans. Il est vrai qu'actuellement, cette fonction n'est plus exigée par les experts de l'OCAN. (Office Cantonal des Automobiles et de la Navigation, et pour cause.

 

Toujours est-il que notre bonne dame s'arrêta presque au milieu de la chaussée pour commencer ses tentatives. Tout d'abord, ce fut la roue arrière droite qui chopa la bordure du haut trottoir , et malgré plusieurs essais, le véhicule ne monta pas sur ledit trottoir. Alors nouvel essai en avançant d'abord puis en reculant avec un angle un peu moins grand qui fit que la voiture se retrouva à environ un mètre du trottoir. La rue étant relativement étroite, les embouteillages se formèrent aussi bien devant que derrière.

La situation ne permettait donc pas le stationnement idoine et empêchait le trafic de passer correctement si bien qu'une troisième tentative fut entamée.

 

Et je ne sais pas si vous le savez, mais quand un piéton observe avec assiduité un ou une quidam qui tente de stationner son char, la manœuvre devient encore plus difficile pour celui ou celle qui conduit, et le stress étant mauvais conseiller, il arrive que d'aucuns fassent n'importe quoi et même le contraire.

 

L'affaire se poursuivit donc par encore plusieurs manœuvres, souvent à plein gaz, mais avec peu d'embrayage, d'où un bruit tonitruant, des touchettes par devant et par derrière et probablement de la transpiration que je ne parvins pas à voir.

 

Finalement le stationnement fut réalisé. Le trafic pu enfin reprendre et certains conducteurs ne purent s'empêcher de klaxonner en passant devant la voiture qui stationnait. Comme j'étais toujours présent, la gentille conductrice baissa la fenêtre droite de sa voiture et déclara tout de go: - c'est allé, n'est-ce pas Monsieur, mais ce fut un peu laborieux! Sur quoi je ne réagis point. Puis elle ajouta: - vous savez, j'ai passé mon permis avant la guerre alors j'ai un certain âge. Je m'apprêtais à lui demander de quelle guerre elle parlait, mais mon éducation et mon savoir-vivre reconnus m'empêchèrent de le faire. Puis elle sortit de la voiture visiblement pour prolonger la discussion. Elle me dit alors qu'elle avait 95 ans et que pour elle, il devenait difficile de conduire avec tous ces travaux, cette circulation à Genève, le manque de place de stationnement et les gens qui klaxonnent pour un rien. Je compatis en opinant du chef mais me tus sur le moment. Puis calculant rapidement qu'elle n'était pas vraiment loin de la première guerre mondiale de 1914/1918 (2018 – 95 = 1923), je repris la parole en lui disant gentiment et en souriant: - vous devriez peut-être transiter sur les TPG pour Transports Publics Genevois! Et là, vexée, que dis-je outrée, elle enchaîna: - alors ça jamais Monsieur! Puis elle s'en alla allégrement comme si de rien s'était passé. C'est la vie!

 

Sur ce, excellent dimanche à tous mes lecteurs!

 

DAZ alias Daniel Zurcher

26 août 2018

 

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