No 344

Les ECHOS de DAZ No 344

 

Nous pouvons jeter des pierres, nous plaindre d’elles, trébucher dessus, les escalader, ou les utiliser pour construire. (William Arthur Ward)


L'Escalade pour les nuls

 

En 1602, déjà, les frontaliers savoyards étaient ébahis de Genève, cette République riche et prospère et leur représentant syndical Charles-Emmanuel 1er, aidé même par un pape du nom de Clément le huitième ou un truc comme ça voulaient s'emparer de cette belle ville, mettre dehors les protestants, venir travailler ici et en faire leur capitale du Nord des Alpes, parce que chez eux, ils crevaient déjà la dalle et le Smic était, déjà, aussi, très très bas.

 

Alors, les gilets jaunes de l'époque se mirent en route la nuit noire du 11 au 12 décembre de la même année pour foutre le bordel chez les Genevois et prendre le pouvoir en quelque sorte. Ils étaient 200 selon La Police et 20'000 selon les qu'en-dira-t-on ce qui devait faire 2'000 en réalité. Quand ils arrivèrent du côté de Plainpalais, qui n'accueillait pas encore le cirque Knie et les manèges, mais entouré à l'époque de murailles, les frontaliers d'alors escaladèrent l'enceinte, raison pour laquelle on parla plus tard d'escalade. Il faut dire qu'il n'y avait pas de bagnoles à l'époque, donc pas de bouchons aux frontières non plus, ce qui rendait la circulation des gens plus facile.

 

Un membre de la BI (Brigade d'intervention) ou GIGN pour les Savoyards qui n'arrivait pas encore à dormir vers les 4 heures du mat. tira un coup de fusil, juste après avoir tiré un autre coup avec la serveuse du service nocturne pour signifier à son chef qui ne s'appelait pas encore Maudet qu'il se passait quelque chose d'anormal. Le chef de la BI mit en marche la grosse cloche de la cathédrale Saint-Pierre à l'allure du tocsin et toutes les cloches des autres monuments se mirent à sonner. Les Genevois étaient réveillés pour une fois. ..

 

Tous les Genevois avaient peur pour leur porte-monnaie et ne voulaient déjà pas que les frontaliers viennent prendre leur boulot et, accessoirement, leur femme. Ils se rassemblèrent, et même les bobos de la rue des Granges sortirent leurs pétards de leur collection pour faire cesser cette tentative malveillante.

 

On raconte même, qu'une dame qui cuisait de la soupe à 5 heures du matin, Knorr et Maggi n'existaient pas encore, versa le contenu de sa marmite sur le crâne d'un Français qui était pratiquement en haut de son échelle et qui chuta lourdement tant et si bien que depuis son geste courageux, les pâtissiers, chocolatiers, Migros, Coop, Aldi, Lidl, Denner et bien d'autres vendent chaque année des marmites en chocolat pleines de légumes en massepain, ce qui est bien meilleur qu'une soupe aux pois cassé grasse et pleine de pieds de porc ou d'oreilles de cochons, même si elle est de Betty Bossy..

 

Certains frontaliers, qui se croyaient malins, avaient voulu faire sauter la Porte de Neuve, mais un courageux flic du nom d'Isaac Mercier avait eu l'idée génitale de mettre en marche le feu rouge qui était à l'époque une herse. Maintenant, il n'y a plus de herse sur les passage protégés, c'est la raison pour la quelle tous les piétons traversent les chaussées, même quand c'est rouge pour eux.

 

Les frontaliers ont donc loupé leur coup, pas comme maintenant, et les Genevois comptèrent 18 morts que l'on cite tous les ans en se gavant de chocolat après avoir chanter l'hymne genevois portant le doux nom de "Cé qué l'aino". On notera au passage qu'il doit y avoir 68 strophes de cette chanson mais que les Genevois n'en connaissent qu'une seule, la première. Les vainqueurs se rendirent donc dans les temples où le pasteur réformateur Théodore de Bèze les bénit et les frontaliers surent attendre pratiquement cinq cents ans pour revenir en masse.

 

Il y a lieu de préciser ici qu'il y a 500 ans, on ne voulait pas de ces frontaliers et que maintenant, on est tout heureux de les avoir . Disons que certains Genevois qu'on appelle MCG sont moins contents que d'autres de les avoir, mais faut faire avec...

 

En 1602, ils partirent 2'000 et aujourd'hui, par un prompt renfort, ils se retrouvent 80'000 tous les matins pour conduire les bus des TPG, faire fonctionner l'instruction publique, nettoyer les pots-de-chambre dans les hôpitaux, faire le plein d'essence à meilleur marché que chez eux, et rentrer tous les soirs avec du chocolat.

Mains maintenant, on est moins cons qu'avant et on s'entend tous bien, ou presque.

 

Si vous n'avez rien compris, ça n'est pas grave, mais vous êtes vraiment nuls, alors...

 

DAZ, alias Daniel Zurcher

10 décembre 2018

 

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