No 331

Les ECHOS de DAZ No 331

Aimer rendre service et se sentir utile est une grande preuve de générosité et d'ouverture d'esprit! (Mouctar Keïta)

Bénévolat
Auparavant on disait bénévolat pour la situation d'une personne qui effectuait un travail gratuitement sans y être obligée. Maintenant, pour faire bien on dit volontarisme sociétal. Tout augmente...

Conte aéroportuaire genevois
(reçu d'un ami lecteur du Sud)
Nous sommes à l'été 1971. Il est 23 heures. Je révise quelques cours. La fenêtre de ma chambre donne sur l'aéroport de Genève-Cointrin. J'en ai marre d'apprendre, ferme mes livres et pars sur la plate-forme. Outre mes études, je suis également agent de trafic dans une compagnie de services aéroportuaires pour gagner quelques sous.
Un agent de trafic est un personnage au sol chargé des papiers de bord d'un avion, de l'embarquement et du débarquement des passagers, des bagages et du fret, de l'équilibrage de la machine, du carburant à embarquer et de deux ou trois trucs techniques du même ordre.
Lorsque j'arrive à l'aéroport, je vois que quatre DC8 américains sont amarrés au satellite numéro 3.
Chic! Les copains sont là! Je file au bureau. Sauf que pour y accéder, il faut passer par le bureau de piste."Tu tombes bien" me lance le fonctionnaire à moitié endormi. "Oui, je viens faire un petit bonsoir à mes collègues". Avant de refermer ses paupières, il me lance "Bon courage!".
Le couloir est sombre, la porte du bureau est verrouillée. Avec mon laisser-passer, je l'ouvre...et je me trouve dans le noir. Personne. Mais un gigantesque tintamarre. Tous les téléphones sonnent, les téléscripteurs (ancêtres des ordinateurs) crépitent comme mille nids de guêpes. J'ouvre le sas du bureau qui donne directement accès au tarmac. Non, je n'ai pas rêvé: mes quatre avions sont toujours là. Lumières allumées.
Alors, j'appelle la tour de contrôle.
- C'est quoi ce boxon?
- Avant le couvre-feu, ils ont demandé d'atterrir à Genève.
- Pourquoi?
- Ils n'avaient pas les droits de trafic pour l'Italie.
- Ils venaient d'où?
- De Gander.
- Des charters?
- Oui et c'est pour cela que tu les as dans les bras.
- Il y a mille pékins sur le tarmac!
- C'est ton problème. Moi, j'éteins la piste!
Tirer à bras des échelles pour permettre aux passagers et aux équipages de quitter leurs navires fut un excellent exercice. Ensuite, des capitaines jusqu'aux petites hôtesses, nous ouvrîmes les soutes. Hop! Déchargeons les bagages braves gens. Une fois au chaud dans l'aérogare, il fallut trouver des autocars pour amener ce petit monde à Rome, destination de leur périple. Il était trois heures du matin, mais j'avais un bon carnet d'adresses.
Cinq heures. Mes passagers mettaient le cap sur la ville éternelle. Un café, un croissant et à dix heures, j'étais à nouveau aux opérations.
Cette histoire est vraie. L'incident figure encore dans les anales de l'aéroport de Genève, et pour avoir aussi travaillé dans ce domaine, je m'en souviens...

Belle journée à tous!

DAZ, alias Daniel Zurcher
27 novembre 2019

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